
Ouais, ouais, je sais, le terme "d-beat" n'est pas vraiment apparu avant les années 90, et puis ça veut pas dire grand chose au final, c'est ridicule, c'est pas un style musical, gna-gna-gna, bla-bla-bla... Mais voilà, D-BEAT, plus qu'une passion, c'est avant tout un mode de vie, une façon d'appréhender le monde, une sagesse universelle, oui, c'est tout ça. Ou pas.
1. DISCHARGE - "Visions Of War" (1981)
Aaaah, l'intro punk mythique par excellence. Larsen, chaos, brouhaha, "toupa-toupa-tou", et c'est parti. L'essence même de toute la musique que j'aime ("elle vient de là, elle vient de Why") : approximative, sale, sauvage, courte... avec des soli minimalistes de 5 secondes et des fins de morceaux bien abruptes.
2. DISCHARGE - "Does This System Work" (1981)
Vu tous ces gens à la rue, ce système n'a pas l'air de très bien marcher. Alors il faut le crier bien fort, avec 2-3 phrases de 5 mots et ce chant posé de façon si singulière sur des structures simples et répétitives. Un classique du d-beat, ce morceau.
3. DISCHARGE - "A Look At Tomorrow" (1981)
Morceau mid-tempo de pure énergie, avec un "one-two-three-four" de départ qu'on devine gueulé dans un micro... de guitare ! Le demain d'hier, c'était la peur que la guerre froide ne devienne chaude, quand les américains installaient des missiles sur sol britannique, pointés en direction de l'URSS. Ben non, pas de d-beat ici, et alors ? C'est Discharge, merde.
4. DISCHARGE - "Why" (1981)
Les ravages humains de la guerre, décrits avec un réalisme horrifiant. Un roulement de toms bien bancal, un riff de couplet parfaitement monotone, et un refrain complexe et alambiqué : "Why why why but why?"
5. DISCHARGE - "Maimed And Slaughtered" (1981)
Petit fave ici, structure monotone mais puissance sans égal, qui raconte la même chose que "Why". Cerise sur le gâteau : le "solo" le plus débile de l'album, un pur moment de Grande Musique.
6. DISCHARGE - "Mania For Conquest" (1981)
Enchaînement parfait avec le précédent, d-beat bien véloce, le premier couplet est même mis en exergue sur le devant de la pochette tant on flirte ici avec les plus grands penseurs modernes.
7. DISCHARGE - "Ain't No Feeble Bastard" (1981)
A choisir un morceau de Discharge à emmener sur une île noire déserte, ça serait peut-être celui-là. Une chanson mid tempo bien dansante sans d-beat, si c'est pas ironique ! Reprendre sa vie en main, c'est ça que ça raconte, on n'est pas vos moutons serviles !
8. DISCHARGE - "Is This To Be" (1981)
Après la guerre, tout est cassé, c'est ça qu'ils disent. Mais faut croire que c'est Discharge eux-mêmes qui ont tout cassé, avec tout le tintamarre qu'ils nous font là.
9. DISCHARGE - "Massacre Of Innocence (Air Attack)" (1981)
Le riff d'appel, aaaah mais aaaaaaaaaahhhhh, mais c'est ouf malade ce son de gratte, bien dissonant pendant le refrain et le solo, et je vous ai parlé du son de basse de Rainy déjà ? Non, ben voilà alors : "le son de basse de Rainy".
10. DISCHARGE - "Why (Reprise)" (1981)
Version rockabilly / noisecore du 4e morceau en guise de final d'album, un beau massacre d'adieu. Voilà, c'est fini pour la séquence Discharge, le groupe qui a influencé tout le monde, de Metallica à Poison Idea en passant par la quasi totalité de la scène punk et metal scandinave. Il était important de rappeler que "Why" est LE disque.
11. BUZZCOCKS - "You Tear Me Up" (1978)
J'en ai déjà parlé ailleurs, c'est peut-être là la première trace de ce sythme saccadé qu'on appelera des années plus tard le "dis-beat" ou "d-takt", puis "d-beat"... pas vraaiment la marque de fabrique des Buzzcocks, certes, mais ça vaut la peine d'être signalé.
12. THE RUDE KIDS - "Marquee" (1978)
La même année que Buzzcocks, les punks suédois de Rude Kids avaient eux aussi un morceau joué sur ce rythme si particulier. Alors, à qui en doit-on la paternité ?
13. DIAMOND HEAD - "Helpless" (1980)
Si Metallica avaient du reverser des royalties à ceux à qui ils avaient tout pompé, ça serait les membres de Diamond Head qui se pavaneraient aujourd'hui dans des jacuzzi de champagne entourés de Basquiat à 5 millions. Metallica doit tout au premier LP de Diamond Head, sur lequel figure le morceau de d-beat "involontaire" le plus long de l'histoire, peut-être (presque 7 minutes).
14. SATAN - "Heads Will Roll" (1982)
La New Wave Of British Heavy Metal avait pas mal de points communs avec les deux premières vagues punk : même époque, une énergie similaire, une grosse production de singles obscurs autoproduits... au point que certains groupes sonnent plus punk que véritablement metal (jetez une oreille sur Speed, le premier groupe de Bruce Dickinson par exemple). Comme pour Diamond Head, cette face B du premier EP de Satan est jouée sur un rythme d-beat des plus entraînants, avec soli et guitar leads de rigueur.
15. ANTI CIMEX - "Warmachine" (1983)
La Suède s'est faite experte en la spécialité, et ce dès 1982 avec Skitslickers ou Anti Cimex, début d'une longue lignée de d-takters, poussant la logique de Discharge à l'extrême.
16. CELTIC FROST - "Into The Crypts Of Ray" (1984)
Ough! Heeeey! Thrash! Preuve une fois de plus que metal et punk font parfois bon ménage, Celtic Frost (prononcez "Keltic") réconcilie un peu tout le monde avec leur style dépouillé et leur son de guitare bourdonnant. Un des groupes qui a eu le plus d'incidence sur l'émergence du crust metal anglais de la fin des années 80.
17. DIATRIBE - "The Slaughter" (1985)
Eux, je les glisse ici parce que ça a probablement été le premier groupe américain à poser un d-beat convaincant sur bande. Une imposante demo bootleggée sur vinyle avant cette merveilleuse réédition officielle sortie l'an dernier.
18. DISCLOSE - "Crying Children" (1993)
Si on doit reconnaître quelque chose à Disclose, c'est d'avoir popularisé ce terme idiot de "d-beat", en accolant sur ses pochettes un petit logo "I love d-beat" désormais célèbre. On ne s'étendra pas sur le son Disclose, ni sur leur discographie indécente... RIP Kawakami.
19. MEANWHILE - "The Road To Hell" (1996)
LE morceau d-beat parfait par un des meilleurs héritiers de Discharge. Tempo maîtrisé, tubesque en diable, harmonies Motörheadiennes... kängnäving assuré !
20. WARCRY - "Harvest Of Death" (2006)
Portland encore, Discharge toujours, à la perfection sur disque comme en live. La machoire décrochée.
Ah, je serais bien allé jusqu'à 100, mais plus de place pour Totalitär, Avskum, MG-15, Destrucción, Eu's Arse, Discard, Inepsy, Extreme Noise Terror et les innombrables autres.

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